Cette 62ème édition du Festival de Besançon lance un regard vers l'Italie depuis la Franche-Comté. C'est donc sur un panorama de la musique italienne que s'ouvrent les festivités, dans le cadre de ce concert donné sur la place de la Révolution - la bien-nommée ici, puisque c'est par la révolution et les guerres de libération que la péninsule s'est constituée au milieu du XIXème siècle. Comme tous les Allemands, Félix Mendelssohn, inéluctablement attiré par le soleil de la Méditerranée, a fait le voyage en Italie. C'est en 1830, alors qu'il séjourne à Rome, que le compositeur ébauche quelques-uns de ses thèmes, qui, contrairement à Aus Italien de Richard Strauss, lui-même admirateur de Mendelssohn dans sa jeunesse, n'ont rien d'anecdotique. Il se trouve en revanche dans cette oeuvre rigoureusement construite et aux thèmes d'une flexibilité mélodique extrême reflets de la vocalité italienne, toute la lumière, la chaleur, le ciel, la nature qui « dispense le bonheur ». « La musique, dit Mendelssohn, je ne l'ai pas trouvée dans l'art lui-même, mais dans les ruines, les paysages, la gaieté de la nature ». Commandée par la Société philharmonique de Londres, l'oeuvre y est créée avec succès le 13 mai 1833 sous la direction de son auteur. Avec Rossini, c'est l'art du chant, le bel canto dans toute son italianité. Bien que l'action se déroule à Babylone, cet opera seria est introduit par une ouverture dont la mélodie gracieuse et vivante exposée par la clarinette est vite devenue populaire. En fait, cette page d'orchestre est appréciée par l'air ample au caractère hymnique qui, dans l'opéra, devient l'assise d'un choeur. Avec Cavalleria rusticana de Mascagni, cest l'époque vériste, précurseur italien de l'expressionnisme allemand, qui est présent, mais poussé à l'extrême. En Italie, et plus particulièrement en Sicile, on a le sang chaud et le pathos s'y épanche sans retenue. Ce pathos se trouve concentré dans le fameux Intermezzo de Cavalleria rusticana qui, en quarante-huit mesures, résume l'ouvrage entier, assurant la transition de ce qui s'est passé avant et annonçant la tragédie finale, un duel au cours duquel le héros est tué par son rival. En Italie, comme en Espagne, le destin tient une place prépondérante dans l'inconscient collectif. Si l'intrigue de La Force du destin de Verdi est complexe et pas toujours évidente à suivre, la partition est l'une des plus accomplies du compositeur. Son ouverture est justement célèbre. D'une vivacité extrême, elle est dominée par l'aria de Leonora à l'acte II et par le thème du Destin. Il y est également fait allusion à l'aria cantabile con espressione d'Alvaro dans le duo de l'acte IV, et aux thèmes du duo entre Leonora et le père Guardiano.
Depuis trois ans que Zdenek Macal est le chef principal de la Philharmonie tchèque, les effets de son implication artistique n'ont cessé de grandir. Son inspiration artistique et sa ténacité ont contribué à
l'excellente condition musicale de l'orchestre. Dans la seule année 2004, il a reçu quatre récompenses, la plus prestigieuse à l'occasion de la Fête nationale de la République tchèque le 28 octobre, lorsqu'il a été décoré de la « Médaille des services rendus à la nation dans le domaine des arts » par le Président de la République.
Zdenek Macal, né en 1936 et résidant en Suisse, a fait ses études à l'Académie de musique et à l'Académie Janacek de musique et d'art dramatique à Brno, sa ville natale. Il s'est trouvé en vedette pour la première fois lorsqu'il a remporté deux importants concours, le Concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon en 1965 et le Concours Dimitri Mitropoulos à New York en 1966, alors que Leonard Bernstein était membre du jury. Au début de sa carrière, il a beaucoup travaillé avec les orchestres tchèques, y compris la Philharmonie tchèque avec qui il a fait une tournée en Roumanie, Bulgarie et Turquie (1966) ainsi qu'en Allemagne et en Suisse (1968). Il est devenu tour à tour directeur musical et chef principal de différents orchestres symphoniques.
Durant les années suivantes, il a été à l'origine de l'essor phénoménal du New Jersey symphony orchestra, qu'il a dirigé de 1993 à 2002. Pendant sa carrière, il a été régulièrement invité à se produire avec d'autres orchestres américains de premier plan. Il s'est toujours montré un chef incroyablement dynamique ayant une conception musicale limpide et une exceptionnelle profondeur émotionnelle. Il s'est également produit en Europe avec une implication semblable, en dirigeant quelques-uns des plus célèbres orchestres. Comme chef invité, Zdenek Macal s'est aussi rendu au Japon, à la Scala de Milan ainsi que dans d'autres maisons d'opéra importantes. Au total, sa carrière de chef d'orchestre comprend un travail avec plus de 170 orchestres sur quatre continents. Le portrait musical de Macal ne serait pas complet sans une mention de ses participations dans les plus grands festivals internationaux et de ses innombrables enregistrements réalisés, au fil de sa carrière comme chef, principalement pour Delos et Koss, mais aussi pour Sony, EMI, Decca, Deutsche Grammophon et Supraphon. Son amour prédestiné pour la Philharmonie tchèque - ainsi qu'il décrit lui-même sa relation avec l'orchestre - a en fin de compte été satisfait : l'arrivée de Zdenek Macal au Rudolfinum de Prague, la maison de la Philharmonie tchèque, en tant que chef principal pour la saison 2003-2004, a ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire de la Philharmonie tchèque et dans sa propre carrière musicale.
Fondé en 1856, le Philharmonique de Monte-Carlo occupe une place de choix dans le monde musical international, ayant eu le grand privilège de compter notamment parmi ses directeurs musicaux Paul Paray, Igor Markevitch, Lovro von Matacic, Lawrence Foster, Gianluigi Gelmetti, James DePreist et Marek Janowski. Yakov Kreizberg assume les fonctions de directeur artistique depuis le 1er janvier 2008 et occupera le poste de directeur artistique et musical à partir de la saison 2009-2010. L'effectif de l'orchestre, porté à 100 musiciens depuis l'arrivée de Marek Janowski en 2000, s'inscrit dans une politique de changement et d'évolution artistique et a permis de présenter d'audacieux programmes : Des Canyons aux Étoiles et Turangalîla-Symphonie de Messiaen, Elektra de Strauss et Parsifal de Wagner, ainsi que des oeuvres de Dutilleux, Jolas, Canat de Chizy, H Henze, Pärt, Penderecki, Sciarino, Zimmermann. Placé sous la présidence de S.A.R. la Princesse de H Hanovre, l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo a bénéficié du soutien et des encouragements du Prince Rainier III tout au long de son règne. Aujourd'hui, le Prince Albert II succède à son père. L'Orchestre l?assurant de toute sa confiance et de toute son estime, poursuivra dans la voie qui est la sienne : préserver son authenticité tout en se tournant résolument vers l?avenir, grâce à une politique dynamique qu?encourage le gouvernement princier. L'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo bénéficie du soutien de EFG Bank, de la Société des Bains de Mer (SBM) et de l?association des Amis de l'Orchestre Philharmonique (AOP).