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Conférence : Le Prix de Rome de musique (1803-1968) ou quand le voyage forme la jeunesse.
Récital de Romain Descharmes.
Le Prix de Rome, concours de composition musicale récompensé par un séjour de plusieurs années à la Villa Médicis aux frais de l'État, a hanté la plupart des jeunes compositeurs entre 1803 et 1968, dates de création et de suppression de cette épreuve. Mais pourtant, tous les artistes supposés s'y intéresser n'ont pas forcément perçu de la même manière cette opportunité unique dans la vie d'un musicien. Pour certains, le prix était synonyme de gloire et de réussite, et s'imposait comme la première étape d'une carrière brillante. Pour d'autres, il était l'emblème de tout un académisme musical sclérosé, qu'il fallait combattre en en refusant les chimères et les paillettes. Les quatre compositeurs retenus par le pianiste Romain Descharmes pour son récital illustrent les diverses tendances et réactions possibles face au concours. La figure de Théodore Dubois représente le modèle parfait d'un brillant lauréat dont la carrière se fera tout entière dans les cadres institutionnels : au Conservatoire d'abord, à l'Institut ensuite. Claude Debussy, quoique récompensé d'un premier prix en 1884, apparaît, tel Berlioz en 1830, comme une figure plus réticente, dont la modernité s'accommode mal de compromis artistiques. Gabriel Fauré, éduqué hors des cadres traditionnels, n'a jamais pu se présenter au concours. Il n'en portera pas moins une attention constructive au Prix de Rome, notamment après sa nomination comme directeur du Conservatoire en 1905. Emmanuel Chabrier, enfin, illustre cette génération de jeunes artistes pour qui le prix ne signifie rien et ne doit pas même prêter à commentaire.
Alexandre DratwickiEn collaboration avec le Palazzetto Bru-Zane, centre de musique romantique française
Directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane, Centre de musique romantique française (Venise), docteur en musicologie et ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome (Villa Médicis), Alexandre Dratwicki a écrit plusieurs articles sur la musique française des XVIIIème et XIXème siècles. Diplômé du Conservatoire de Paris (esthétique), il a enseigné l'histoire de la musique dans plusieurs universités françaises et a été producteur à Radio France (La Querelle des Bouffons et Sortez les Jumelles en 2006-2007). Alexandre Dratwicki a notamment publié chez Somogy, Le Cavalier bleu, Symétrie. Son ouvrage Un nouveau Commerce de la virtuosité (1780-1830), paru chez ce dernier éditeur a reçu le prix des Muses 2007 de l'essai. En tant que chercheur, il s'intéresse particulièrement aux notions de virtuosité et d'académisme musical (Prix de Rome).
Né en 1980, Romain Descharmes se voit décerner en 2006 le premier grand prix lors du Concours international de Dublin. Il se produit alors en récital au Carnegie Hall à New York, Wigmore Hall à Londres, National concert hall à Dublin, Minato Mirai hall à Yokohama, Tsuda hall à Tokyo. Après avoir étudié au Conservatoire de Paris (CNSM) avec Jacques Rouvier, Bruno Rigutto, Christian Ivaldi, il poursuit sa formation en cycle de perfectionnement et enregistre un disque consacré aux compositeurs du début du XXème siècle qui l'amène à recevoir les conseils de Pierre Boulez. Il est invité à se produire aux USA, en Angleterre, Irlande, Italie, France, Japon, Chine avec notamment le Midland symphony orchestra, le National symphony orchestra of Ireland, l'Orchestra del Lazio ainsi que le Shanghai philarmonic orchestra. Pianiste recherché en tant que chambriste pour son écoute, sa sensibilité et sa large connaissance du répertoire allant de la sonate aux grandes formations en passant par le lied qu'il affectionne particulièrement, il se produit avec des artistes tels que Roland Daugareil, H Henri Demarquette, Laurent Korcia, Sarah Nemtanu, l'ensemble Court-Circuit, le Quatuor Ebene, le Berliner philarmoniker Quintett. Son premier disque enregistré à Londres, chez Claudio Records est consacré à Brahms. Il vient également d?enregistrer un disque Ravel chez Audite.