| normal | réduit | special | |
|---|---|---|---|
| A | 30 € | 25 € | 15 € |
| B | 20 € | 15 € | 10 € |
| C | 14 € | 10 € | 7 € |
Schubert écrivit quasi simultanément huit Impromptus, datés de décembre 1827, qu'il réunit en deux cahiers de quatre pièces chacun. Il s'agit donc pour Schubert d'un groupe unique de huit morceaux pour piano, et leurs climats, leurs styles et leur écriture les rendent très proches les uns des autres. Si Schubert n'est pas le premier à s'être penché sur ce genre de pages brèves pour piano, il est le premier à l'avoir porté à ce degré de perfection, à leur avoir donné un contenu aussi dense, une forme aussi accomplie. Sans doute est-ce son expérience sans pareille du lied qui lui a permis de camper dans une forme aussi resserrée que l'Impromptu de véritables saynètes : climat, décor, couleur affective, contenu psychologique Ces Impromptus s'apparentent de toute évidence aux lieder dans leur construction, et, souvent, dans leur écriture où une mélodie se développe, tel un chant, au-dessus dune basse d'accompagnement. Alors que Schubert entendait attribuer au second cahier le numéro dopus 101, Diabelli, qui les publia en 1838, leur donna le numéro d'opus 142. « J'ai du mal à croire, écrira Robert Schumann, que Schubert ait réellement intitulé ces mouvements Impromptus ; le premier est si manifestement le mouvement initial d'une sonate, il montre une écriture et une architecture si parfaites que le doute n'est guère possible. Le second aussi Peut-être pourrait-on regarder le quatrième comme le finale ». Seul, aux yeux de Schumann, seul le troisième, Andante, pourtant le plus populaire de tous, apparaît comme étranger aux autres. Les paraphrases d'opéras de Liszt se sont avérées importantes dans l'histoire de la notation des oeuvres pour clavier. Condenser une partition entière d'opéra, solistes, choeur et orchestre compris, en une écriture pianistique n'est pas forcément difficile. Mais transformer une morne réduction pour piano en une composition vivante exige un coup de baguette magique, avec liberté poétique, roulades, cascades cristallines, éruptions de feux et de flammes afin de jeter un sort au clavier et l'amener à mettre en lumière par suggestion lélan créateur de l'original. Après la mort de Liszt, ses paraphrases sont tombées dans l'oubli pour un demi-siècle. Pourtant, Brahms, qui ne comptait pas parmi les admirateurs de Liszt, jugeait que l'on trouvait dans ces pièces « le vrai classicisme du piano ». La paraphrase de Rigoletto de Verdi compte parmi les meilleures pièces du genre. Le titre Appassionata donné à la sonate pour piano n° 23 en fa mineur n'est pas de Beethoven mais de l'éditeur Cranz, de Hambourg. L'oeuvre a été élaborée en 1804, terminée en octobre 1806 et publiée en février suivant par le Comptoir des arts et de l'industrie. Avec son mouvement initial mû par une lame de passion parcouru par un fameux motif rythmique de quatre notes annonçant celui de la cinquième symphonie, cette sonate dédiée à Franz von Brunswick appartient aux oeuvres qui ouvrent la deuxième manière de Beethoven. Mais de toutes, elle est la plus violente et la plus concentrée, tout en évoluant dans le cadre le plus simple, voire le plus rigide. « Un torrent de feu dans un nid de granit », écrira le romancier musicologue Romain Rolland.
Rudolf Buchbinder, qui a été à cinq ans le plus jeune étudiant jamais admis à l'Université de musique de Vienne, a joué dans le monde entier avec tous les grands orchestres et chefs d'orchestre. Il est régulièrement invité à Salzbourg et par d'autres festivals majeurs. Disposant d'un vaste répertoire, il a réalisé plus de 100 enregistrements, parmi lesquels une intégrale Haydn, qui a reçu le Grand prix du disque. Rudolf Buchbinder attache une grande importance à l'étude minutieuse des sources et possède une large collection d'éditions originales. Un de ses grands projets a été l'interprétation de l'intégrale des 32 sonates de Beethoven dans plus de 30 villes, dont Munich, Vienne, Hambourg, Zürich et Buenos Aires. Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Rudolf Buchbinder prouve une fois encore qu'il est l'un des meilleurs interprètes de Beethoven de notre époque ». Depuis 2007, Rudolf Buchbinder est directeur artistique du Festival de Grafenegg en Autriche. Il consacre ses loisirs à la littérature et aux arts visuels, il s'adonne lui-même à la peinture. Au cours de la saison 2008/2009, il a joué avec la Staatskapelle de Dresde et Fabio Luisi à Paris, en Italie et aux États-Unis. Il s'est produit avec l'Orchestre philharmonique de Los Angeles dirigé par Gustavo Dudamel, l'Orchestre philharmonique de Munich et Christian Thielemann, ainsi que l'Orchestre symphonique de la SWR de Stuttgart et Sir Roger Norrington. Rudolf Buchbinder poursuit par ailleurs son cycle Beethoven à Milan et au Festival de musique du Rheingau.