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Krzysztof Penderecki a conçu Cadenza pour alto solo en 1984, en pleine phase néo-romantique. L'alto a toujours
été pour le compositeur polonais l'un de ses instruments favoris. La particularité de la partition consiste dans le
fait qu'elle ne compte aucune barre de mesure. L'oeuvre a été créée en septembre 1984 par Grigorij Schlislin au
Festival de musique de chambre de Luslawsice que dirige Penderecki.
Les premières oeuvres de Zoltán Kodály remontent aux années 1890, l'ultime à 1966. Parmi elles, peu de pièces de
musique de chambre. Quelques-unes d'entre elles comptent pourtant parmi les plus importantes du XXème siècle,
plus particulièrement celles avec violoncelle. Parmi ces dernières, la sonate pour violoncelle et piano opus 4, écrite
en 1909/1910 dont l'Adagio est donné ce soir dans une transcription pour alto.
Né en 1932, organiste titulaire de la tribune de Valentigney dans le pays de Montbéliard, Samuel Sandmeier
a étudié le piano avec Robert Trimaille, avant de se tourner vers l'orgue qu'il a travaillé avec Michel Stricker à
Strasbourg et avec Michel Chapuis à Paris. Le Festival de Besançon a créé en 2002 son concerto pour violon avec
Alexandre Brussilowski. « Un soir, devant l'âtre, raconte Sandmeier à propos de l'oeuvre donnée ce soir en création
mondiale, un Indien nord-américain est venu expliquer la croyance et les coutumes de son peuple, illustrées par
des chants traditionnels. » Le compositeur s'est attaché à l'un d'eux, intéressé par sa modalité qui incluait dans
sa structure des tierces à la fois majeures et mineures. Il s'est révélé, convient Sandmeier, que ce mode était en
fait très proche d'un mode à la transposition limitée d'Olivier Messiaen, tout en s'avérant original. Ce mode qui
sert d'assise à la sonate. Ainsi, l'auditeur, avertit Sandmeier, perd-il tout repère de tonalités, le thème étant exposé
pour la première fois dans le grave du piano, avant que l'alto s'en empare et le développe. Dans le mouvement
lent, le temps se fige. Le piano émet trois accords immuables, symboles de la Trinité, tandis que l'alto émet des
sons imprécis de vibratos variables. Le thème principal du finale s'inspire du chant amérindien cité plus haut. L'alto
expose un son plat qui s'étire puis fluctue dans l'espace en de petits glissandi de micro intervalles.
Écrits en quatre jours, du 1er au 4 mars 1851, le Märchenbilder (Contes de fées) de Schumann était destiné à
son ami premier violon de l'Orchestre de Düsseldorf Joseph von Wasielewski, qui, à l'instar de Paganini, jouait
aussi bien du violon que de l'alto. Éditées un an plus tard, ces pages ont été créées en novembre 1853 par le
dédicataire accompagné au piano par Clara Schumann. Les quatre pièces se déploient autour du ton de ré mineur,
la deuxième étant dans la tonalité relative de fa majeur et la dernière en ré majeur.
1849 est la grande année de la musique de chambre chez Schumann avec des oeuvres comme les trois
Fantasiestücke pour clarinette et piano opus 73, les quatre Fantasiestücke pour violon, violoncelle et piano opus
88, le trio avec piano opus 80, les cinq Stücke im Volkston pour violoncelle et piano opus 102, etc. L'Adagio et
Allegro opus 70 date de ce même millésime. Ce diptyque est destiné au piano et au cor, ce dernier pouvant être
remplacé par l'alto.
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Zoltan Toth étudie à l'Académie Franz Liszt de Budapest avec Lukacs Pal, Andras Mihaly et Gyorgy Kurtag, il se perfectionne ensuite auprès de Raffael Hillyer, Zoltan Szekely et Sandor Vegh. En 1975, il remporte le Premier prix au Concours international d'alto de Budapest et commence à jouer accompagné par l'Orchestre de la radio hongroise, l'Orchestre national hongrois, l'Orchestre de l'Opéra de Lyon, l'Orchestre symphonique de Bornemouth ou encore l'Orchestre du Round top festival (USA). Dès 1973 il est membre fondateur du Quatuor Eder avec lequel il est lauréat des concours internationaux de Budapest, Evian et Munich. En 1984, il part vivre à Lyon, où il devient premier alto solo de l'orchestre de l'Opéra, puis professeur au conservatoire (CNSM). En 1987, il fonde le Quatuor Ravel avec lequel il fera une tournée mondiale et enregistrera plusieurs disques chez Lazer production. Depuis 1999 il est premier alto solo de l'Orchestre symphonique de Bienne en Suisse ; depuis 2003 il est en outre professeur au conservatoire de Neuchâtel. Il donne régulièrement des masterclasses et participe à de nombreux festivals en tant que soliste et que chambriste avec A. Brussilovsky, D. Yablonsky, P. Csaba, M. Perenyi, Ch. H Henkel, D. Ranki, J.F. Esser. Il a joué avec les quartets Bartok, Kodaly, Isay. Depuis 2000, il est l'invité permanent du Round top festival au Texas, où il joue et enseigne.
Issu d'une famille de musiciens neuchâtelois, Marc Pantillon a grandi dans un milieu baigné de musique, et c'est tout naturellement qu'il aborde dès son plus jeune âge l'étude du piano sous la houlette de ses parents. Titulaire d'une bourse Migros, il part à Vienne poursuivre ses études de piano chez Hans Petermandl à la Hochschule für Musik. Il a la chance de se perfectionner auprès du grand pianiste Paul Badura-?koda, qui le pousse à envisager sérieusement la carrière de soliste dont le coup d'envoi sera en 1987, le Prix de soliste de l'Association des musiciens suisses. Depuis lors, il se produit très fréquemment en récital, comme soliste avec orchestre, ou comme chambriste. Marc Pantillon enseigne au Conservatoire de Neuchâtel depuis plus de 20 ans ainsi que comme responsable de la classe de master d?accompagnement au Conservatoire de Lausanne (HEM). Sur le plan discographique, Marc Pantillon a eu l'occasion d'enregistrer des compositeurs peu joués tels Stephen, Ignaz Lachner ou Julien-François Zbinden, ce qui ne l'a pas empêché de graver de grands classiques qui lui tenaient à coeur, comme Bach, Mozart et Beethoven ou plus récemment Brahms (opus 10, 117 et 118 pour piano et les deux sonates opus 120 avec l'altiste Ettore Causa). Passionné de botanique et d'ornithologie, Marc Pantillon s'est établi à Môtiers, dans les montagnes neuchâteloises, pour la qualité de vie qu'offre une campagne encore très naturelle, et dont les forêts n'ont probablement guère changé depuis l'époque où Jean-Jacques Rousseau y herborisait...