
Le Festival international de musique de Besançon Franche-Comté innovait en 2004 avec la mise en œuvre d’une résidence de compositeur. Elle est née du constat que la musique contemporaine n’est pas toujours facile d’accès et que la présentation d’œuvres sans introduction ne fait qu’entretenir l’incompréhension qu’elle suscite souvent. La présence régulière d’un compositeur, à même de présenter lui-même son travail au public tout au long de l’année, permet de faciliter l’accès à son univers et à la musique contemporaine en général.
Michael Jarrell, en résidence jusqu’au Festival 2011, succède à Edith Canat de Chizy (2009), Bruno Mantovani (2006/2008) et Philippe Fénelon (2004/2005).
Michael Jarrell de passage à Montbéliard et Belfort le 4 mai 2010...
L’art est une expérience propre à l’être humain. Il est « messages transmis par des hommes pour des hommes » et, dans ce sens, la musique est une manifestation évidente de cet échange. La relation compositeur-chef-musicien-public représente ce phénomène et une résidence conçue comme celle du Festival de Besançon est une possibilité privilégiée et rare d’approfondir ces liens, ainsi que de les élargir aux divers acteurs d’une région. Pour des raisons personnelles, j’ai depuis longtemps été, par ailleurs, attaché à la Franche-Comté et c’est toujours avec grand plaisir que je retrouve la ville de Besançon. Ces séjours n’auraient pas la même qualité sans l’accueil amical, efficace et patient de l’équipe du Festival et je les en remercie.
Né à Genève en 1958, Michael Jarrell étudie la composition dans la classe d’Eric Gaudibert au Conservatoire de Genève et lors de divers stages aux Etats-Unis (Tanglewood, 1979). Il complète sa formation à la Staatliche Hochschule für Musik de Freiburg im Brisgau, auprès de Klaus Huber. Depuis 1982, son oeuvre a reçu de nombreux prix : prix Acanthes (1983), Beethovenpreis de la Ville de Bonn (1986), prix Marescotti (1986), Gaudeamus et Henriette Renié (1988), Siemens-Förderungspreis (1990).
Entre 1986 et 1988, il séjourne à la Cité des Arts à Paris et participe au stage d’informatique musicale de l’Ircam. Il est ensuite pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 1988/89, puis membre de l’Istituto Svizzero di Roma en 1989/90. D’octobre 1991 à juin 1993, il est compositeur résident à l’Orchestre de Lyon. Depuis 1993, il est professeur de composition à la Hochschule für Musik de Vienne. En 1996, il est accueilli comme "compositeur en résidence" au festival de Lucerne, puis est célébré lors du festival Musica Nova Helsinki, qui lui est dédié en mars 2000. En 2001, le festival de Salzbourg lui passe commande d’un concerto pour piano et orchestre intitulé Abschied. La même année, il est nommé Chevalier des Arts et des Lettres. En 2004, il est nommé professeur de composition au conservatoire supérieur de Genève. Son opéra Galilei, d’après La Vie de Galilée de Brecht, commande du Grand Théâtre de Genève, a été créé en janvier 2006.
Le style concertant continue de lui fournir une matière d’inspiration : ...un temps de silence... est créé à Genève en mars 2007 par Emmanuel Pahud et l’Orchestre de la Suisse Romande sous la direction de Heinz Holliger. Nachlese III, double concerto pour clarinette, violoncelle et orchestre a été créé à Cologne (Commande de la WDR, automne 2009). L’Orchestre de la Suisse Romande créé en 2009 Le Ciel, tout à l’heure si limpide, soudain se trouble horriblement (Marek Janowski, direction). L’opéra de chambre Cassandre, créé en 1994 au Châtelet à Paris poursuit une carrière internationale dans des traductions en allemand, anglais, espagnol, finlandais, russe...
Ses oeuvres sont publiées aux éditions Henry Lemoine ou sur sa page internet.